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La place des femmes dans la vie politique et sociale.

1)Le droit de vote.

La révolution française pose le principe de l'égalité de tous, toutefois il n'est pas appliqué: les femmes n'ont pas accès au droit de vote. Mais contrairement à l'Ancien Régime, elle reconnaît à la femme la personnalité civile.

A la fin du 19è siècle, aucune femme du monde occidental n'a encore obtenu les libertés civiles. Partout, le droit de vote lui est refusé. Les premières revendications, en France, naissent pendant la Révolution de 1848, avec la mise en place du suffrage universel réservé aux hommes. L'accession des femmes au droit de vote, tout au long du 19ème siècle, est repoussée, sous les motifs les plus contradictoires. Quand la l ère guerre mondiale éclate, toute tentative de réforme est différée, alors qu'en 1913, les féministes semblaient en mesure de l'emporter. Une proposition de loi en faveur du droit de vote des femmes, à l'initiative des députés, au lendemain de la guerre est malheureusement rejetée par le sénat, dominé par les conservateurs. Au cours des années 20 et 30, de nouvelles initiatives parlementaires auront lieu, qui, toutes, se heurteront au blocage du sénat. La suppression par le régime de Vichy, instauré à la défaite de 1940, de tout système démocratique, va permettre paradoxalement l'apparition des femmes sur la scène publique. En effet, le rôle qu'elles ont joué dans la Résistance, les bouleversements sociaux consécutifs à la libération, les réactions contre le régime de Vichy et sa misogynie, vont donner enfin aux femmes le droit de vote et le droit d'être élue, par l'ordonnance du 21 avril 1944, signée par le Général de Gaulle.

2)le code civil

Le Code civil napoléonien de 1804, a eu incontestablement les conséquences les plus néfastes sur le statut de la femme. Ce Code civil est le reflet de la misogynie de son initiateur, Napoléon Bonaparte, pour lequel "la femme est donnée à l'homme pour avoir des enfants ; elle est sa propriété, comme l'arbre à fruits est la propriété du jardinier". L'article 213, précise que "le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari". Le Code civil, tout au long du 19è siècle, a confiné la femme dans un statut de mineure à vie. Jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale, certaines mesures perdureront, ainsi dans la plupart des pays européens, la femme devra demander l'autorisation à son mari pour exercer une profession (jusqu'en 1965, précisément dans le cas de la France). Il existe de ce fait, de nombreuses obligations de l'épouse, découlant de l'application du Code civil : notamment, elle ne peut sans cette autorisation se présenter à un examen, s'inscrire dans une université, ouvrir un compte en banque, faire établir un passeport, passer un permis de conduire, se faire soigner dans un établissement.
La femme est épouse et mère. Elle est entièrement définie au 19è siècle, par son rôle familial. La femme est le pivot du fondement de l'ordre social. Afin que la femme reste soumise à son mari, le législateur est particulièrement vigilant et veille sur ce sujet. La femme ne peut se soustraire à ses devoirs conjugaux, car le viol entre mari et femme n'étant pas reconnu. Le législateur réprime sévèrement l'infidélité de la femme, car elle est susceptible de porter atteinte à l'ordre public, par l'introduction d'un étranger dans la famille, en modifiant les partages successoraux. Par contre la condamnation de l'homme adultère intervient seulement lorsque ce dernier entretient sa maîtresse au domicile conjugal, c'est à dire pratiquement dans les cas de bigamie.
L'occasion donnée aux femmes de sortir de ce carcan familial est la première guerre mondiale, provisoirement. Un grand nombre d'entre elles, séparées de leur mari, doivent, pour gérer l'exploitation ou l'entreprise familiale, se débrouiller seules. Certaines usines, devant la pénurie de main d'oeuvre, font appel au travail féminin. Au lendemain des quatre années de conflit, cette brèche va rapidement se refermer, car face au désastre économique et démographique , le mot d'ordre est de repeupler la France.

La Misogynie:Haine, mépris envers les femmes.
La Bigamie:état d'une personne bigame.
Bigame:Marié à deux personnes en même temps.

3)Les mouvements féministes

Le terme "féminisme" est souvent attribué à Charles Fournier. A la fin du 19ème siècle, ce terme devient courant dans la pratique politique et sociale, il cherche à établir l'égalité des droits (politiques, civils, économiques) de l'homme et de la femme dans la société. On a pu ainsi citer comme premières féministes les précieuses, les puritaines américaines au 17ème siècle, les révolutionnaires de 1789, celles de 1848, de 1871, et les suffragettes.
L'aspiration à l'identité de statut entre la femme et l'homme s'est traduite par un refus des inégalités, les tendances les plus radicales des mouvements de femmes ont toujours exprimé une volonté de changer leur vie et de redéfinir les fondements culturels et politiques des sociétés.
Des écrivain on transcrit le message comme:
Christine de Pisan, auteur de La Cité des Dames, est généralement considérée par les historiens comme ayant formulé la première protestation véhémente contre les préjugés discriminatoires à l'égard des femmes.
Marie de Gournay insiste sur l'importance de l'instruction dans son ouvrage l'Égalité des hommes et des femmes (1622), dont les femmes sont en majorité exclues.
Le prêtre français Poullain de la Barre dans L'Egalité des 2 sexes (1673) soutient que la subordination des femmes n'est pas fondée en nature et que l'influence de l'éducation est déterminante ; il propose l'ouverture de toutes les carrières aux femmes sans restriction.

C'est au 19ème siècle, dans les sillages des avancées démocratiques, que surgit le féminisme, quand des femmes se regroupent à partir du constat de leur oppression commune et dans l'objectif déclaré de leur émancipation.

En France, les socialistes saint-simoniens et surtout Charles Fourier ont des positions féministes. Dans cette mouvance, des ouvrières créent en 1832 La Femme libre (qui deviendra La Tribune des femmes), revue qui plaide pour l'éducation des femmes, la formation professionnelle, l'égalité des salaires, la révision du Code Civil, la restauration du divorce (supprimé en 1816). De nombreuses revues vont se multiplier par la suite : par exemple La Gazette des femmes, Les Voix des femmes, L'Opinion des femmes, le Droit des femmes...etc

Deux tendances apparaissent : exigence d'une stricte égalité entre l'homme et la femme ou revendication d'une égalité modulée en fonction du rôle et des qualités propres à la femme. Ce clivage se retrouve dans le féminisme moderne en termes radicalisés.

La proclamation de la République en 1848 et la restauration du suffrage universel réactivent les débats le droit de vote sera accordé aux françaises en 1944.
De 1878 à 1913, les féministes organisent une dizaine de congrès internationaux et reprennent au cours des années, les mêmes revendications : législation du travail, accès aux professions, éducation, droits civils, etc.
Après la Seconde Guerre Mondiale, les revendications des mouvements féministes sont reprises par les partis traditionnels ou par des associations apolitiques (Planning Familial).

Le MLF, qui attire un nombre important de femmes non militantes, se scindera en plusieurs tendances. La désignation de l'ennemi principal, la masculinité ou le système capitaliste, entraînent des modes et lieux d'intervention différents dans la lutte pour la reconnaissance de la "féminitude"(créée par analogie avec le combat culturel et politique des Africains en faveur de la "négritude").
La mobilisation pour l'avortement et la contraception libres, la journée de dénonciation "contre les crimes commis contre les femmes" (1972), l'appel à la grève des femmes contre les tâches domestiques et sexuelles (1974), l'intervention dans le domaine juridique (par la Ligue des droits des femmes, 1974), la création de "SOS femmes battues", ... etc.

Les lois de 1972 à 1978 ont répondu à la majorité des revendications féministes en matière de droits. Mais ce n'est pas là la fin de l'histoire de l'émancipation des femmes, qui cherchent autre chose que l'acquisition de droits formels.

3)femmes :la maîtrise de leur corps

De nombreuses choses ont changé pour les femmes depuis 1968.

Le fait majeur est la maîtrise de la contraception survenue à la fin des années 60 et au cours des années 70. C'est un véritable bouleversement. Au cours des années 50, la crainte des femmes mariées dans les milieux catholiques d'avoir un enfant de plus mettait parfois la sexualité et l'amour en perdition. Le planning familial, crée en 1956 par Andrée Lagroua-Weil-Hallé et Evelyne Sullerot, avait ouvert des consultations dans toute la France.
La propagande pour la contraception et l'avortement ont été mis hors la loi de 1920 et 1923.
La mise au point de la pilule aux Etats-Unis en 1904, a tout changé, et ce, grâce à la pression des mouvements américains suivant de près l'avancement des recherches. La loi Neuwirth en 1967, autorise la vente des contraceptifs.
La grande revendication du MLF est le droit à l'avortement, grande bataille commencée en 1970. Elle est accompagnée de nombreuses manifestations, notamment à l'occasion du procès de Bobigny en 1972, et lors de la fameuse pétition des 348 femmes qui déclaraient avoir avorté.
Simone Veil a fait voter la loi autorisant l'avortement en Janvier 1975. Cette loi provisoire a été pérennisée en 1979 et complétée en 1982 par le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) par la sécurité sociale.
D'autres mesures ont suivi, la répression du viol en 1980 reconnu comme un crime, un attentat contre la personne, passible de la cour d'Assise
La loi Neiertz contre le harcèlement sexuel au travail complète l'ensemble.
Ainsi les femmes sont devenues maîtresses de leur corps et de la régulation des naissances, même s'il reste difficile d'obtenir une IVG.
L'émancipation sexuelle des femmes est mise en cause aujourd'hui par le SIDA, par les méthodes de procréation assistée qui consacrent le pouvoir des médecins.
En effet, la pilule qui avait été une conquête d'autonomie est remise en cause par le SIDA : comme il n 'y a pas de préservatifs féminin, les femmes deviennent dépendantes de la volonté de leur partenaire. Elles sont aujourd'hui les premières victimes de la maladie. Quant à la procréation assistée, elle permet à des couples, des femmes qui le désirent beaucoup, d'avoir un enfant .

4)le travail : des progrès limités

En ce qui concerne le travail, l'évolution a été beaucoup plus progressive. On a assisté à une accélération de la salarisation des femmes, qui été un phénomène de longue durée, une progression continue, lente mais sûre, depuis le milieu du 19ème siècle alors qu'elle s'infléchissait en Grande-Bretagne.
Avant 1914, le taux d'activité des françaises (43%) était le plus élevé d'Europe. On donne 2 explications à ce phénomène : la faible natalité en France entraînant un manque relatif de main d'oeuvre et la demande de travail tertiaire pour les filles d'une petite bourgeoisie en crise.
Aujourd'hui la France est, après le Danemark, le 2° pays d'Europe en ce qui concerne le taux d'activité des femmes. Les femmes occupent 70% des emplois de ce secteur en France, 74% en Grande-Bretagne.
L'Éducation a tenue une place très importante dans cette salarisation des femmes. La réforme de Jules Ferry en 1881-1882 avait rendu l'éducation primaire gratuite, laïque et obligatoire pour les deux sexes avec les même programmes. Le premier établissement de filles a ouvert en 1880, mais les programmes étaient différents de ceux des garçons et ne conduisaient pas au baccalauréat. Ce n'est qu'en 1924 que les 2 enseignements ont été unifiés. A partir des années 30, les femmes sont arrivées dans les universités, non sans mal. Elles y forment aujourd'hui, 54% des effectifs.
Mais cette égalité est trompeuse, car c'est pour les femmes que le décalage entre le niveau scolaire et celui des emplois est le plus fort.
Celles-ci forment 56% des bacheliers. Mais elles sont victimes d'une double ségrégation dans l'emploi.

Tout d'abord, 70% des femmes travaillent dans 30% des métiers en général les moins payés et les moins considérés (ex: 30% sont employés de bureau ). Ainsi les patrons préfèrent embaucher des garçons en raison d'un absentéisme féminin supposé à tord, supérieur à celui des hommes. Et le chômage leur donne le choix. Les femmes intériorisent ainsi ces difficultés et renoncent à s'engager dans des formations scientifiques ou d'ingénieurs.

Ensuite, les femmes ont beaucoup de mal à accéder aux postes à responsabilité ; principalement dans les affaires. Même à l'université, qui leur est plutôt favorable, elles forment le tiers des maîtres de conférence et seulement 13 % des professeurs.

Malgré les progrès réels, ce n'est pas gagné : des enquêtes récentes montrent que les inégalités de salaire et d'emploi entre femmes et hommes, après s'être réduites, se creusent à nouveau.

C'est une situation complexe, les enquêtes le montrent : si les nouveaux pères et les nouveaux maris font plus de choses qu'autrefois, ce sont les femmes qui assument toujours l'essentiel. Elles assurent peut être moins pour les tâches ménagères, dont une partie est mécanisée, ou pour les achats, mais en ce qui concerne les enfants elles s'en occupent toujours autant. Ceux-ci, surtout les petits, restent l'affaire des femmes. Avec beaucoup de soucis notamment pour les problèmes scolaires y compris dans les milieux populaires.


5)les femmes et la politique

En France, la citoyenneté politique a été concédée bien plus tard que dans la plupart des autres pays d'Europe. Pendant près de 25 ans d'apprentissage de leurs nouveaux droits et jusqu'à la fin des années 60, les femmes sont apparues plus abstentionnistes et plus conservatrices que les hommes. Les années 70, période du "décollage", voient se réduire les différences notées jusque là. Les années 90 marquent un tournant, et plus en encore, inaugurent l'ère de l'autonomie.

Si leur comportement électoral a évolué des années 40 aux années 90, c'est parce leur leur situation sociale s'est elle même transformée par une entrée dans le monde du travail et donc un plus grand intérêt pour la société.

Beaucoup de femmes adhèrent à ce qu'on pourrait appeler le "féminisme ordinaire". Elles pensent que les valeurs auxquelles elles croient sont désormais mieux défendues par la gauche que par l'extrême droite, qui veut interdire l'IVG et qui prêne le retour des femmes au foyer en échange d'un salaire maternel.

Le décalage "homme-femme" entre l'économique et le politique condamne notre société ancestrale où la force humaine, musculaire et physique constituait la base première de son évolution. Depuis longtemps déjà, ce moteur laisse place peu à peu à la pensée, à la réflexion humaine, apanage attribué à toute l'espèce humaine quelque que soit son sexe, sa couleur de peau ou tout autre signe distinctif. Il est donc indispensable que cela change dans les faits.

La France est en retard par rapport aux pays de l'Union Européenne quant à la représentation des femmes en politique.

Elle est avant dernière juste devant la Grèce au classement européen, avec 10,8% de. femmes au parlement, on voit donc que le monde politique résiste toujours aux femmes.

Toutefois, il y a des signes intéressants qui se profilent : 30% des élus français au parlement sont des femmes, grâce à plusieurs partis qui ont présentés des listes paritaires, contre 20% en 1982. Le pourcentage des femmes élues dans les conseils municipaux progresse, mais lentement. De plus, plusieurs femmes occupent des postes importants au sein du gouvernement.

L'essentiel des obstacles posés sur le chemin qui conduit à l'élection provient des partis politiques eux même, fiefs masculins qui admettent plus facilement les femmes comme militantes que comme responsables . C'est d'abord au sein des partis qu'il faut améliorer la représentation des femmes. C'est pour cela que les féministes doivent cibler leurs efforts sur l'éducation et la formation des esprits.

6)La parité : la loi et son évolution

En 1982, l'assemblée nationale a adopté à l'unanimité un texte qui prévoit qu'aux municipales, les listes ne pourront pas comporter plus de 75% de candidats du même sexe, autrement dit : pas plus de 75% d'hommes ! soit un quota d'au moins 1/4 de femmes. C'était un premier pas vers la parité, mais refusé car qualifié "d'anticonstitutionnel", idem pour l'amendement voté l'an dernier et qui imposait des listes paritaires aux régionales.

En 1998-1999, l'assemblée nationale adopte un projet de révision constitutionnelle relatif à l'égalité entre les femmes et les hommes.

Parité=égalité parfaite

# Posté le lundi 30 mars 2009 12:02

Modifié le jeudi 21 mai 2009 13:30